La Banque du Canada a réduit son taux directeur de 25 points de base, passant de 2,75 % à 2,5 %. Cette décision survient alors que les ménages canadiens subissent la hausse du coût de la vie, le ralentissement du marché de l’emploi et les tensions commerciales persistantes entre les États-Unis et la Chine.
Il s’agit de la première baisse de taux depuis le 12 mars, la banque centrale ayant jusque-là privilégié la prudence face à l’inflation sous-jacente. Toutefois, les plus récentes données de Statistique Canada révèlent que l’inflation a atteint 1,9 % en août, contre 1,7 % en juillet, ce qui a incité les décideurs à agir.
Pourquoi une baisse maintenant?
Malgré les inquiétudes liées à l’inflation, la Banque estime que les risques de hausse des prix se sont atténués alors que l’économie s’est affaiblie. Selon le gouverneur Tiff Macklem, le Conseil de direction a jugé qu’un assouplissement du taux directeur était nécessaire pour mieux équilibrer les risques et soutenir l’activité économique.
Il a souligné trois changements majeurs depuis juillet :
1. Le marché du travail s’est encore fragilisé, avec une montée du chômage.
2. Les pressions sur l’inflation de base se sont modérées, malgré des données partagées.
3. L’élimination de la plupart des tarifs de représailles au Canada a réduit les risques de poussée inflationniste.
Une économie sous pression
Au deuxième trimestre, le PIB du Canada a reculé de 1,6 %, principalement en raison des incertitudes commerciales. Les exportations ont chuté de 27 %, tandis que le taux de chômage a grimpé à 7,1 % après la perte de 66 000 emplois en août.
Certains secteurs clés sont directement touchés par les tarifs douaniers. La Chine a imposé des restrictions sur le canola, le porc et les produits de la mer, tandis que les États-Unis ont relevé leurs droits sur le cuivre et le bois d’œuvre.
Contexte international
À l’échelle mondiale, la croissance économique ralentit également sous le poids de l’offensive tarifaire américaine. Aux États-Unis, malgré un investissement des entreprises encore solide, la confiance des consommateurs s’érode et la création d’emplois ralentit. En Europe, la croissance s’essouffle, et en Chine, l’économie donne des signes de faiblesse avec une baisse des investissements.
De son côté, la Réserve fédérale américaine doit aussi annoncer sous peu sa propre décision de politique monétaire, sous forte pression de la Maison-Blanche. Le président Trump réclame depuis plusieurs mois une baisse plus marquée des taux, malgré une inflation en hausse depuis avril.
Prochaine étape
La prochaine décision de la Banque du Canada sur son taux directeur est attendue le 29 octobre. Les marchés suivront de près l’orientation future de sa politique monétaire.

